Les étapes 2005

Etape 8 : Nouadhibou 9-10-11-12 Mars

1ère journée – Mercredi 9

Les informations sur l’accès à Nouadhibou sont contradictoires. Bitum ou piste ? Sur combien de Kms ? Rien n’est sûr. Du gendarme au policier ou au douanier chacun y va de son couplet. Pour nous pas d’inquiétude et beaucoup d’optimisme : nous avons fait l’impasse sur les plaques de désensablage. Il nous reste une centaine de Kms avant d’atteindre le poste frontière sans faire connaissance avec un autre véhicule. Trois contrôles côté marocain. Trois contrôles côté mauritanien entre 10 heures et Midi. L’habituel trajet entre les deux postes reste caillouteux. Peu après la douane mauritanienne, nous trouvons effectivement la nouvelle route pour nous remonter en partie vers Nouadhibou, car nous croisons la piste à environ 10 Kms de la ville.

Le président ouvre son enseigne à Nouadhibou

Auparavant nous avons eu le temps d’apprécier l’importance du train qui ramène le minerai de Zouerate vers le port (2kms de wagonnets).
Le bivouac est monté dans un des campings de la ville, que le guide contacté à la frontière nous a recommandé. Sœur Laurence et Sœur Ignacia sont rapidement sur les lieux pour organiser la distribution des dons qui doit commencer le Jeudi.

Le reste de la soirée est consacré à un peu de repos pour les uns, la plage pour d’autres et l’habituelle occupation autour d’Internet.

Seconde journée – Jeudi 10

Comme prévu, 2 camions si dirigent tôt le matin vers la Mission Catholique de Sœur Laurence dont les bâtiments, jouxtent le jardin d’enfants de sœur Ignacia. De ce point central d’autres livraisons sont faites vers un centre de P.M.I.

Sœur Laurence appartient à la congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique (Sœurs Blanches).
La mission globale de cette entité couvre:

  • -La présence auprès des Mauritaniens :
    • visite des mères à domicile
    • présence auprès des enfants de la rue (partie sociale)
  • La pastorale des Migrants (étrangers).
    • accompagnement spirituel - formation religieuse – formation de gestion
  • La pastorale des Chrétiens.
    • catéchèse et sacrements

Les moyens humains se répartissent ainsi :

  • 3 sœurs pour le domaine santé
  • 1 sœur pour l’éducation
  • 2 autres sœurs pour la promotion féminine (Travaux ménagers, et activités (teinture couture etc…))

Le jardin d’enfants regroupe 200 inscrits sous la responsabilité de sœur Ignacia.
Le fonctionnement de la mission repose sur un allocation de l’évêché (personnel et environnement), d’où la nécessité de trouver des « partenaires » parmi lesquels des O.N.G. et notre association.
Sœur Laurence précise aussi la position de l’Etat Mauritanien qui tolère et accepte la présence et le rôle de la Mission Catholique.
-Les relations quotidiennes s’inscrivent dans un respect mutuel. Les seuls points égatifs relèvent de certains mouvements islamistes ou de l’agressivité de certains enfants.
Pour Laurence, le réel intérêt de sa mission repose sur la rencontre des cultures arabo-berbère et subsaharienne. C’est un défit quotidien et très positif qui pour elle est une grande leçon à apporter au monde.

C’est dans ce cadre que Action Sans Frontière laisse, vélos, livres scolaires, livres bibliothèque, fauteuils roulants, ordinateurs etc. à la Mission et à l’Association des Enfants et au Développement en Mauritanie.

L’autre entité bénéficiaire des dons est un centre de Protection Maternelle et Infantile pour lequel A.S.F. laisse des lits et des nacelles pour bébés.

Laurence organise la réception des dons

C’est un des 4 centres P.M.I. de la ville de Nouadhibou qui a également un domaine Pédiatrie.
Une partie du personnel est détaché par le ministère de la Santé, l’autre étant communal. Il y a :

  • 2 médecins
  • 2 sages-femmes
  • 2 infirmiers médicaux-sociaux
  • 8 aides infirmiers
  • 13 accoucheuses

L’activité du centre regroupe la maternité, la pédiatrie, le suivi de l’enfant, la gestion de la malnutrition, jusqu’à l’hospitalisation.
Quelques chiffres :
-100 à 130 accouchements par mois
-30 consultations d’enfants par jour (malnutrition 10 à 15 nouveaux cas par quinzaine).
-40 hospitalisations par mois

Mme Khadi donne l’explication aux femmes du centre

Selon le Médecin Chef : Docteur Cheikhany MelainineRobert, l’évolution de la situation est remarquable mais les moyens dont il dispose sont bien sûr insuffisants Le gouvernement tente d’améliorer les conditions médicales et de la santé en général par la création d’hôpitaux ou de centres de ce type. Comme pour l’entité précédente,
Le partenariat est nécessaire et les associations humanitaires comme la nôtre ou Medicos del Mundo sont les bienvenues.

Ils sont à la recherche de couveuses, de boîtes de soins, de draps, de lait pour enfant en bas âge, d’écographe etc..

Là encore, le constat est simple : c’est le début d’une prise en charge des problèmes liés à l’enfance. La volonté existe, les moyens sont faibles pour ne pas dire dérisoires dans certains domaines. Malgré tout l’impression des gens d’A.S.F. qui étaient à Nouadhibou en 2003 est unanime. Le pays semble bouger. On voit quelques groupes de constructions bien avancées. Dans la rue nous sommes moins sollicités. Mais le chemin reste long. Nous avons tout de suite l’occasion de le vérifier en accompagnant Mme Khadi dans un quartier pauvre (tout est relatif) pour y déposer : lait, fauteuils roulants, vêtements pour adultes et enfants.

Le camion dans la ruelle ameute femmes et enfant. Quelques uns participent au déchargement. D’autres, sollicités, réclament quelque argent pour s’activer. Voila tout le contraste. Le côté positif vient des enfants au regard toujours émerveillé et qui nous font la fête en entonnant quelques airs bien connus : Frère Jacques, A la claire fontaine etc…
Un peu d’optimisme dans ces quartiers difficiles….

Les enfants donnent de la voix

Troisième Journée – Vendredi 11

Le vendredi est en partie chômé. Sœur Laurence nous avait invité à accompagner le groupe de religieux et religieuses dans leur marche hebdomadaire vers le Cap Blanc c'est-à-dire tout au bout de la péninsule de Nouadhibou. Bienvenue à cette récréation sportive pour les gens d’A.S .F. aux membres engourdis après tant d’heures passées dans les véhicules. Une quinzaine de Kms sous le soleil d’abord matinal puis médium ont laissé quelques traces sur les organismes. Le repos du soir ne s’est pas fait attendre.
Entre temps, nous avions distribué des dons à quelques « Centres de Développement Communautaire » par l’intermédiaire de Madame Khadi chez qui ,en 2003, nous avions également déposés des dons.

Mme Khadi fair partie de l’association « Terre d’Echange » qui regroupe 12 membres et qui rayonne sur toute la ville pour répartir les moyens et les dons sur les autres associations ou entités médicales ou sociales.

La mission de l’association repose sur les axes :
-sociaux – culturels intercommunautaires
-santé (sensibilisation à l’importance de la santé – aux risques des maladies (Sida et encore tuberculose, tabac).
-échange avec les associations françaises ; (CREA - Terre d’Echange).

L’association est privée, fonctionne sur fonds personnel et reçoit les dons de Terre d’ Echange (France) et d’autres ONG ou entité comme A.S.F.

Nous avons l’occasion de livrer une partie des dons dans trois Centres de Développement Communautaire pour la Femme où les femmes reçoivent une formation de gestion (vie quotidienne) et sont sensibilisées aux activités rémunératrices pour les aider à trouver un travail.
Chaque centre accueille environ 200 femmes. Beaucoup d’éducateurs viennent d’organismes d’aide espagnols.

Mme Khadi est très attachée à cette promotion féminine et la sensibilisation autour de la santé. Elle évoque ses besoins pour les personnes nécessiteuses, les femmes divorcées les foyers en situation difficile, les enfants mal nourris. C’est très voisin des soucis de Sœur Laurence. L’action va dans le même sens : un mieux-être de la population. Les scouts ont également reçu quelques vélos pour faciliter leur déplacement. Encore une autre entité qui œuvre dans le même registre.

Don chez les scouts

Mme Khadi tient à remercier notre association pour tout ce qu’elle fait, parallèlement à d’autres organismes. Chacun apporte sa contribution au développement de ce pays qui en a vivement besoin.

Quatrième journée – Samedi 12

 

Don à la Maison du Livre

La fin des livraisons est faite dans la matinée pour garnir les étagères de la « Maison du Livre » (Bibliothèque municipale) sous le contrôle de Mme Khadi. L’après-midi est libre pour certains. D’autres sont toujours occupés à divers services dans les différents lieux où nous avons déposé les dons.

Façade de la Maison du Livre

Le port de Nouadhibou est tenu par les Maures mais ce sont pour la plupart des pêcheurs et des ouvriers Sénégalais qui y sont employés. Le paysage de la baie est gâché par les nombreuses épaves de chalutiers et autres bateaux de pêche qui ont vraisemblablement très peu servi.
En fait, dans les années 1975-1980, les bâtiments de pêche ont été donné à la Mauritanie pour ouvrir les habitants vers la mer. Sans expérience, sans compétence, sans encadrement, les marins improvisés ont vite ensablé toute la flottille. (150 bateaux répartis dans les 2 principales villes). On n’a jamais vraiment su ce qu’avait reçu en échange les pays donateurs.
Aujourd’hui, un projet est en cours de concrétisation pour renflouer toutes ces carcasses rouillées. La baie n’aura que meilleure allure…
En soirée, nous avons répondu à l’invitation de Mme Khadi pour partager le repas dans un décor sobre et confortable.